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Lundi 5 septembre 2005

Restructurations douloureuses, licenciements, concurrence internationale, incertitudes politiques face à la conjoncture actuelle, la peur du déclin industriel gagne du terrain. L’industrie française doit s’adapter aux nouvelles règles de compétitivité au niveau international. Quels sont les enjeux de la mutation industrielle grandissante ? Nous pourrons tout d’abord nous demander quelles sont les causes de ce changement ? Nous discernerons les protagonistes de cette mutation. Finalement nous tenterons de comprendre comment s’organise cette mutation industrielle ?

 

 

 

            Même si l’industrie représente toujours en France 20% de la richesse nationale, en quinze ans, elle a perdu pas moins de 600 000 emplois. Dans un même temps, les postes dans le secteur tertiaire se sont multipliés et nous avons pu assister à des restructurations voire même  à des reconversions pour certains secteurs d’activités industriels. Par exemple, des fonctions anciennement intégrées à l’industrie se détachent désormais, créant de nouvelles sociétés de services. Nous pouvons citer comme cas, la restauration, l’informatique, la comptabilité, la maintenance des machines ou encore la logistique qui ont vu leurs effectifs personnels doubler en vingt ans.

 

 

             L’adaptation à la compétition mondiale plonge l’ensemble des salariés, des patrons d’usines et des collectivités territoriales dans l’incertitude. De nombreux secteurs industriels français sont touchés. Notamment les composants électriques et électroniques, l’industrie métallurgique, la sidérurgique et particulièrement l’habillement. En effet, l’industrie textile a subie de lourdes restructurations : en vingt ans, elle a perdu près de 55 % de ses effectifs. De plus, cette évolution inquiétante est appelée à se poursuivre du fait notamment de la montée en puissance de certains pays en voie de développement (l’Inde, la Chine).

 

 

            Ceci est d’autant plus préoccupant que l'industrie du textile et de l'habillement représente près de 200 000 emplois en France et regroupe environ 2 800 entreprises, pour un chiffre d'affaires en 2001 de l'ordre de 26 milliards d'euros. Directement et indirectement, ce sont près de 450 000 salariés qui sont concernés.

 

 

            De nombreuses raisons poussent les industriels français à se reconvertir. Ils doivent se plier à de nombreuses contraintes tels que les réglementations toujours plus strictes, le prix de la main d’œuvre trop élevé, ou encore les conditions de travail jugées trop difficiles par les employés. C’est pour toutes ces raisons que nous assistons à des allègements des effectifs ou bien même à des cessions de sites sensés optimiser les entreprises en vue de garantir leur compétitivité au niveau international.

 

 

            Alors que nous assistons à une refonte du tissu industriel français, nous pouvons nous demander qui sont les différents acteurs qui accélèrent cette restructuration ?

 

 

 

 

 

            Nous avons vu jusqu’à présent quelles étaient les causes du remodelage de l’industrie. Mais cette mutation n’est permise que par une série d’acteurs.

 

 

            En premier lieu, le gouvernement joue un rôle fondamental dans la dynamique de cette transformation du secteur secondaire. De gros efforts sont réalisés pour susciter la création de pôles de compétitivité afin de favoriser les coopérations entre les entreprises. Ainsi, de nouveaux projets de loi sont élaborés. En 2005, il sera proposé une franchise fiscale, des allègement des charges et des subventions pour les entreprises regroupées dans ces pôles de compétitivité.

            Le gouvernement cherche à développer l’éducation et la recherche afin de redynamiser son industrie. Des efforts importants sont réalisés en faveur de la formation des ingénieurs. Globalement, le ministère propose de consacrer près de 200 M€ à leur formation, soit plus de 2,5 % par rapport à l'année dernière.

            La recherche française qui était jusqu’alors un édifice fragile concentré que dans quelques secteurs-clés est désormais prise davantage en considération. Les grandes thématiques de recherche prioritaires s'inscrivent maintenant dans les domaines de la société de l'information (les logiciels, le multimédia), de la croissance durable (les nouveaux matériaux, les transports), des nouvelles biotechnologies et de l'environnement.

 

            Par ailleurs des structures comme les centres techniques industriels (CTI) sont créés afin de promouvoir les progrès des techniques. Ils participent à l'amélioration du rendement et garantissent la qualité des produits dans l'industrie. Pour cela, ils coordonnent et facilitent les initiatives et proposent des travaux de laboratoires et des ateliers expérimentaux aux entreprises.

 

 

Ainsi, pour contrer la concurrence des pays à bas coûts, les industriels doivent trouver des solutions en interne pour améliorer leur compétitivité. Mais comment s’organise cette mutation ?

 

 

 

Les industries possèdent de sérieux atouts qu’elles doivent mettre en avant pour rester compétitives. Les produits français gardent en effet une bonne image (design, ergonomie, bon rapport « qualité-prix »), mais leur contenu en innovation reste encore insuffisant. Comparativement aux pays leaders d'Europe du Nord, l'effort de recherche et développement doit donc être accentué.

Dans certains secteurs comme l'automobile, en dépit d'une demande incertaine, les industriels ont su gagner des parts de marché en Europe. Ce succès des constructeurs français de voitures s'explique par des renouvellements de gamme fréquents et des gains importants de productivité dus à d’importants investissements depuis trois ans.

Les industries doivent favoriser la création de produits innovants à forte valeur ajoutée ou s'appuyer sur une politique de marque et de notoriété. Une telle démarche nécessite le développement de la qualité, l’innovation et l’emploi d’une main d'oeuvre qualifiée.

            Le développement du secteur du transport distribution logistique est également considérable. On assiste à la création de plates-formes multimodales favorisant les échanges entre les entreprises. Aussi, le développement des agences d’intérim a permis aux entreprises une meilleure flexibilité pour contrer la saisonnalité de leurs productions.

            Nous pouvons donc constater que le déclin de l’industrie a contribué au développement du secteur tertiaire (grande distribution, marketing, service après vente). Cependant, il apparaît évident que les investissements restent essentiels dans les secteurs de hautes technologies (biotechnologies, nanotechnologies, nouveaux matériaux, énergies nouvelles).

 

 

 

            Après avoir vu quelles étaient les causes de la réorganisation de l’industrie française. Nous avons pu discerner quels étaient les acteurs qui peuvent la repositionner au niveau mondial. Finalement nous avons mené une réflexion sur les moyens mis en œuvre pour renforcer la compétitivité de cette industrie.

            Alors que la chine est en phase de devenir « l’usine du monde » et que les Etats-Unis et le Japon sont toujours plus à la pointe de la technologie, l’industrie française peut-elle rester dans cercle très serré des leaders industriels mondiaux ?

 
par Jefferson Lebourg publié dans : Press review
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