Album photos

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Lundi 5 septembre 2005

Jets de pierre dans les vitres d’un MC Donald, destruction de champs de maïs servant à la recherche contre la mucoviscidose. Le mouvement altermondialiste se veut idéaliste. Mais comment construire un model économique basé sur une « idéologie de partage » lorsque les actions des altermondialistes passent par une destruction parfois sauvage des symboles du capitalisme. Ce groupement fortement médiatisé qui bouscule le débat sur la mondialisation se procure la sympathie de l’opinion publique et devient un contre-courant incontournable aux yeux des puissants de ce monde. Nous pouvons nous demander qui sont les protagonistes de ce mouvement et comment a t-il évolué aussi rapidement ? Par quels moyens la contestation s’est-elle imposée ? Quels sont leurs arguments qui ont aboutis au succès relatif de ce mouvement plein de contradiction ?

 

 

            La notion de « monde village » est apparue au début des années 90. Elle a donné naissance à un premier réseau formé de multiples ONG[1]. C’est dans ce contexte que prend forme un mouvement altermondialiste basé sur une intension commune de réduire les désordres du monde causés par un libéralisme économique avide de profit.

La fusion de deux principaux groupements est à la base de l’altermondialisme : Le mouvement « Attac » (Association pour la taxation des transactions financières) et « Via Campesina », une association luttant pour la souveraineté alimentaire des pays. Forts d’un soutient de plus de 50 millions de personnes, ces deux mouvements s’appuient sur des comités locaux présents dans plus de 40 Pays. De plus, il apparaît qu’un nombre considérable de groupuscules en tout genre se sont ralliés à la cause altermondialiste qui est représentée aussi bien par des mouvements environnementaux, des confédérations agricoles, que des exclus, voir même des  associations catholique ou encore des féministes… 

            Tous ces mouvements se rassemblent autours d’une cause commune : la lutte contre la marchandisation de la planète. Ce refus du libéralisme passe par une contestation des politiques menées par la banque mondiale, le FMI 2 et l’OMC 3. Ces associations disséminées à travers le monde ont su s’organiser et confronter leurs idées grâce à l’utilisation des nouvelles technologies de télécommunication, tel qu’Internet qui leur a permis de constituer un véritable réseau par lequel ils diffusent leurs idées et coordonnent leurs rassemblements.

Les antimondialistes ont su s’organiser pour devenir des altermondialistes. Ils ne sont plus simplement que contestataires mais ils sont désormais capables de proposer des solutions alternatives aux problèmes posés par la mondialisation.

Leur reconnaissance aux yeux du grand public est en grande partie due à la forte médiatisation de leurs actions. Tout le monde a pu découvrir ce mouvement lors de leurs mobilisations massives. Le public a notamment été marqué par leur présence à Seattle en 1999 ou à Cancun en 2003 où ils ont su faire échouer les conférences de l’OMC. Les ONG sont ainsi devenues des interlocuteurs incontournables au niveau de la politique mondiale. Il apparaît ainsi que le mouvement altermondialiste est devenu au fil des ans un contre-pouvoir avec lequel les états et les puissants de ce monde doivent désormais compter.

 

 

 

 

Après avoir vu qui étaient les acteurs de ce mouvement et comment ils avaient réussi à prendre une importance aussi considérable en si peu de temps, nous allons maintenant pouvoir nous intéresser aux moyens de contestation qu’ils mettent en œuvre pour atteindre leurs objectifs.

Comme type d'opération, nous pouvons citer le cas de Greenpeace qui a mené une action ciblée contre la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (OGM). Grâce à une forte médiatisation, ils ont pointés du doigt certaines dérives telles que les contaminations transgéniques dues aux importations du maïs en provenance des Etats-Unis. Cette action fut couronnée par une réglementation sur le commerce des OGM établie lors du protocole de Carthagène du 11 Septembre 2003. Cependant, ce succès n’est que relatif, les Etats-Unis n’ayant pas ratifié ce protocole sous la pression des multinationales qui n’ont jamais autant pesées sur les décisions prises par les institutions.

Ainsi, le principal moyen d’action des altermondialistes reste l’outil médiatique qu’ils utilisent très largement pour rallier les gens à leur cause. Ainsi, ils organisent des actions parfois radicales, ayant l’avantage de marquer les esprits et permettant de souligner les dérives de notre société. Dans le plateau du Larzac, nous pouvons citer le cas de la confédération paysanne menée par le leader charismatique José Bovet, ayant ainsi réussi à rassembler 300 000 personnes contre un recul de l’état face à la prise de pouvoir grandissante des multinationales.

Après avoir vu quels sont les moyens de protestation utilisés par les altermondialistes, nous allons nous intéresser aux arguments qui ont permis le succès de ce mouvement idéologique ?

 

 

Devant cette civilisation de l’argent, alors même que l’environnement et les convictions sont considérés comme marchandises, le mouvement altermondialiste célèbre des idées de biens communs et répond aux inquiétudes actuelles. En premier lieu nous pouvons citer le concept de liberté, luttant contre l’hégémonie politique et militaire de la superpuissance américaine. Nous pouvons encore parler de la notion de fraternité entre les peuples qui vient en réponse aux questions posés par la mondialisation néolibérale tels que les intégrismes religieux et les conflits ethniques (conflit israélo-palestinien). Enfin, nous pouvons évoquer le concept d’égalité, qui vise à combattre les dissimilitudes de la répartition des richesses mondiale. En effet les altermondialistes se positionnent en faveur de l’annulation de la dette des pays du tiers-monde, s’élevant à 2000 milliards d’euros, qu’ils considèrent comme un instrument de domination et de contrôle du nord sur le sud.

Forte de part son influence politique, l’altermondialisme lutte pour la durabilité du développement.

 

 

Néanmoins leurs succès ne sont-ils pas largement limités ? En effet, ce mouvement souffre d’une grande hétérogénéité et d’une irrémédiable dispersion. De plus, aux yeux du grand public, ce mouvement porte souvent des étiquettes aux connotations péjoratives telle que groupement extrémiste ou mouvance « baba cool ». D’autre part leur principal point faible reste l’absence d’un cadre mondial intégrant ce mouvement altermondialiste en tant qu’institution à part entière, capable de réguler la mondialisation.

 

 

Après avoir vu qui étaient les acteurs composant ce mouvement altermondialiste, nous avons analysé leurs moyens de contestation. Finalement nous avons pu mettre en évidence les arguments qui les ont mené à un succès reconnu. Toutefois, il apparaît au terme de cette étude que le courant altermondialiste, de part son manque de lisibilité, montre un certain hétéroclisme. Le mouvement altermondialiste n’est-il qu’une mode ou une prémisse à la création  d’une instance régulant la mondialisation?



[1] Organisation Non Gouvernementale    2 Fond Monétaire International  3 Organisation Mondiale du Commerce

par Jefferson Lebourg publié dans : Press review
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Voir tous les articles

Contact

To Contact me / Pour me contacter :

jefferson_lebourg@yahoo.fr

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Texte libre

http://www.technorati.com/claim/8zr7c9apv" rel="me">Technorati Profile

Blog : Livres sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus