Il y a dix ans, le prix du baril de pétrole était à un niveau historiquement bas : 10 dollars le baril. Aujourd’hui, il atteint plus de 55 dollars le baril. Son prix a ainsi été multiplié par plus de cinq. De nombreux secteurs sont affectés directement ou indirectement par cette hausse du prix du pétrole. Cette énergie fossile apparaît donc comme le principal enjeu de l’économie mondiale. Nous pouvons tout d’abord nous demander quelles sont les retombées de cette hausse du pétrole. A qui profite-elle ? Comment les Etats-Unis réagissent-ils face à cette situation pétrolière critique. Aussi, nous pourrons nous interroger sur les conséquences à long terme dans les pays développés et ceux en développement.
Entre les crises politiques et sociales au Venezuela et au Nigeria, l’affaire Ioukos en Russie, les troubles au Moyen Orient et la hausse de la consommation mondiale, il n’est pas facile de démêler les divers facteurs qui contribuent à l’actuelle envolée du prix du pétrole. Son cour est un facteur important de la conjoncture économique, y compris pour des pays qui, comme la France, prétendent faussement avoir réalisé leur indépendance énergétique. En effet, pour un certain niveau de PIB, les pays comme la France ont besoin de deux fois moins de pétrole. Cela s’explique par le développement de l’énergie nucléaire, le recours à des technologies plus efficaces et l’accroissement du secteur tertiaire, moins consommateur en pétrole.
Ainsi, dans les pays développés, les secteurs utilisant comme source d’énergie les produits pétroliers sont majoritairement les transporteurs routiers et les compagnies aériennes qui sont les plus touchés par les fluctuations des cours du pétrole. Quand on considère les paralysies passées de la France dues aux grèves des routiers ou des agriculteurs en réponse à un prix du pétrole trop élevé de même quelques centimes ; nous pouvons alors nous imaginez ce qu’un prix à la pompe doublé, triplé, voir plus engendrera.
D’autres secteurs gros consommateurs d’énergie sont affectés : les cimentiers, la sidérurgie ou l’industrie chimique. Les sociétés comme Ciment Français, Rhodia ou Usinor sont touchés par l’augmentation des prix. De plus, les produits pétroliers sont également utilisés comme matières premières dans des entreprises fabriquant des produits plastiques. Par exemple, Plastic Omnium ou le groupe Guillin subissent cette hausse. Alors que les pays gros consommateurs d’énergie comme les Etats-Unis, le japon ou les pays européens souffrent de la hausse du prix pétrole, d’autres pays profite de cette augmentation.
Certains producteurs de pétrole avaient étés durement touchés par les crises économiques de ces dernières années. Désormais, ces pays voient leurs recettes fortement augmenter. Ils pourront par exemple accélérer leurs dépenses ou rembourser leurs dettes. Mais, nous pouvons alors nous demander si ce flux monétaire perdurera ?
En effet, l’envolée des cours a alimenté un débat sur l’état des réserves. La plus grande opacité règne quant à leur évaluation. Le groupe Royal Dutch Shell à ainsi avoué, en début d’année, avoir surévalué ses réserves de 20%. Certains experts dénoncent une surévaluation de la part des membres les plus important de l’OPEP, et annonce un déclin prochain et irréversible de la production mondiale de pétrole.
Néanmoins, compte tenu des capacités de production mondiales, quelles soient existantes ou à développer, la valeur économique de cette matière première s’établit bien en dessous de son prix actuel. A long terme, un prix trop élevé du pétrole entraînerait nécessairement la mise en place de nouvelles capacités de production. Ceci serait, particulièrement préjudiciable pour les principaux producteurs qui se verraient alors concurrencés.
Dans ce contexte, détenant 10% des réserves mondiales, l’Irak est devenu la cible des ambitions américaine. Toutefois, ce pays ne peut avec ses seules ressources technologiques et financières, développer sa production à un niveau satisfaisant pour les intérêts américains. La privatisation de son pétrole et son exploitation par les compagnies américaines est un des objectifs majeurs des Etats-Unis. Plus généralement, il s’agit de briser ou d’affaiblir l’OPEP et son système des quotas.
Cependant, les évènements actuels en Irak nous montrent que les objectifs américains ont aussi peu de chance d’être atteints. Même en supposant que les Etats-Unis parviennent à s’y maintenir pendant un certain temps, il est douteux qu’ils puissent maîtriser la production pétrolière du pays au point de modifier de manière significative l’offre mondiale. L’Irak ne sera pas la solution au problème énergétique mondial.
Ainsi, au cours de la récente campagne électorale aux Etats-Unis, Kerry et Bush avaient à quelques détails près le même programme. Ils n’avaient aucune mesure pour réduire le gaspillage d’énergie, et présentaient un projet utopique de développement de l’éthanol ou de l’hydrogène. De même, ils se portaient en faveur d’une indépendance énergétique vis-à-vis du Moyen-Orient. Toutefois, ce dernier objectif semble totalement inaccessible à moyen et à long terme, en raison de la forte concentration des réserves dans cette région. Les deux candidats en étaient d’ailleurs pleinement conscients. Après avoir vu que le pétrole est un enjeu majeur pour les Etats-Unis, nous allons nous intéresser aux conséquences à long terme de cette flambée du prix du baril.
Alors que toutes les conditions restent réunies pour que les prix de l’or noir reste orientés à la hausse, nous pouvons envisager quelles seraient les conséquences d’une augmentation brutale des prix. Si la situation s’empire considérablement, nous pourrions assister à la fin du processus de globalisation. Plus personne n’irait faire fabriquer des T-shirts à 10 centimes la douzaine à l’autre bout du monde si le pétrole atteint des sommets.
Dans le cas de l’industrie aéronautique extrêmement sensible au prix du pétrole, une hausse importante et durable des prix serait catastrophique. Dans un premier temps, les compagnies aériennes ne pourront survivre qu’en augmentant leurs tarifs, mais passé un certain niveau, l’inévitable envolé du brut signera leur perte.
De manière générale, l’explosion des prix du pétrole est une menace
Après avoir vu quelles étaient les retombées de l’augmentation des cours du pétrole, nous avons tenté de comprendre à qui profitait cette hausse des prix et comment les Etats-Unis réagissaient. Finalement nous avons mené une réflexion sur les impacts qu’auraient une raréfaction et une augmentation des prix du pétrole à long terme. Quand on sait que les géologues affirment que la production de pétrole commencera à décliner dès 2010. Alors que la fusion nucléaire ne sera pas maîtrisée avant une quinzaine d’année et que les véhicules fonctionnant à l’hydrogène sont très loin d’être opérationnels, il apparaît évident qu’il est temps de passer à l’utilisation de nouvelles sources d’énergie.
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